Présentation

Comment j’en suis arrivée à la dorure ?

J’ai toujours été un peu artiste, attirée par les belles choses mais aussi et surtout besoin de sincérité, de pureté, d’aller à l’essentiel …

Je suis diplômée d’une Maîtrise des Sciences et Techniques du Patrimoine et Guide-conférencier pour la ville de Cavaillon depuis quinze ans. A mon arrivée j’ai été saisie par la beauté du mobilier doré de la synagogue et de la cathédrale. En tant que conférencière, je me devais de pouvoir présenter l’histoire de ce mobilier, mais j’eus envie d’en savoir davantage.

J’ai rencontré des doreurs, posé des questions, commencé à pratiquer … je suivais pas à pas les restaurations chaque fois que l’occasion s’en présentait, posais mille questions, téléphonais ensuite selon les difficultés que je rencontrais …J’ai fait des stages d’initiation à la dorure et bientôt je proposais des ateliers jeunes publics, puis avec les adultes. Peu à peu j’enrichissais mes techniques et mes connaissances en pratiquant et en côtoyant des restaurateurs.

Enfin je me suis décidée à faire une formation diplômante et j’ai passé le seul diplôme qui dispense une formation technique et pratique, le CAP de doreur-ornemaniste.

Aujourd’hui ma passion est devenue un métier. Merci infiniment aux ateliers Duvieuxbourg et Augier d’Avignon, à l’atelier d’Alain de Saporta à Saint-Zacharie et à SIGMA Formation.

 


PETITE HISTOIRE DE LA DORURE

L’or fascine et est utilisé dès la fin de la préhistoire en Egypte. L'or pur est un métal noble, le plus malléable et ductile des métaux connus, à la fois dense et tendre, souple et résistant. Jaune à reflets brillants, il est symbole d'immortalité et de richesse. C'est un métal qui ne s'oxyde ni à l'air ni dans l'eau. Le fait qu'il préserve son éclat, rappelant celui du soleil, lui confère l'essentiel de sa valeur.

l'Histoire nous a légué des œuvres dorées à la feuille, qui constituent un patrimoine prestigieux et des méthodes de dorure traditionnelles d'une qualité irréprochable. Des peintures égyptiennes présentent des orfèvres battant l'or pour en faire des feuilles. Dès 1700 avant Jésus-Christ, on avait découvert une façon de battre l'or permettant d'obtenir des feuilles très fines, capables d'adhérer à une surface lisse. Dans l'antiquité les objets étaient rehaussés d'or par martèlement. Le métal précieux était plaqué de façon à épouser les formes du support.

Dès le 6e s. la dorure fut également très utilisée par les enlumineurs pour l’ornementation en lettres d’or des manuscrits précieux. Son apogée se situe aux 17e et 18e s , la dorure est largement associée au style baroque.

Au fil du temps, la dorure à la feuille fut parfaitement maîtrisée par nos ancêtres pour donner naissance au métier de « doreur à la feuille - Ornemaniste ».


TECHNIQUES DE DORURE

La dorure à l’eau dite à la détrempe : C’est le procédé le plus couramment utilisé sur bois avec des feuilles d’or, d’argent ou de cuivre ; les autres métaux étant trop lourds.

Dès la période gothique cette technique permet des effets métalliques et mats qui la distinguent des autres dorures, grâce à l’application d’une assiette entre l’apprêt et la feuille d’or, et au brunissage après la pose de la feuille d’or.


 
Les apprêts : en plusieurs couches de blanc de Meudon mélangé à la colle de peau de lapin, ces étapes définiront la qualité de la dorure.


Le jaunissage
 :
à base d’ocre et de colle à apprêt (colle de peau) passé à chaud, le jaunissage permet de camoufler les innombrables fissures qui se produisent dans les endroits difficiles.

L’assiettage : à base d’argile kaolinique et de colle de peau, cette préparation doit être tamisée et passée avec un pinceau très fin, le petit gris, sur les endroits en reliefs destinés à être brunis.



 

Le chiennage :
consiste à frotter les endroits assiettés avec un pinceau nommé « le chien » pour les polir afin d’ôter tous les petits grains qui ne manquent pas de se former en surface et qui nuiraient ensuite au brunissage.

 

               

La pose de la feuille d’or
 :
cette application très délicate requiert plusieurs années d’apprentissage avant d’être parfaitement maîtrisée. Le jonflage (souffle avec la bouche) permet d’aplanir la feuille d’or sur le coussin à dorer où elle est posée avant son utilisation, car elle ne tolère pas d’être touchée avec les doigts. Le couteau à dorer, le mouilleux, pinceau à mouiller, et la palette sont les outils utilisés pour poser les feuilles d’or.


 
 

Le doreur mouille abondamment les endroits choisis avec de l’eau. L’appuyeux, pinceau pour appuyer, aide la feuille à adhérer au support. L’assiette doit rester humide mais on changera d’appuyeux dès que celui-ci est humide.


 
 
Le brunissage : après le séchage total du support doré, il s’effectue sur les parties assiettées avec la pierre d’Agathe. L’or devient brillant sur ces parties qui contrastent avec les parties restées mâts.




 
 
 
Le ramendage : reprend les parties lacunaires si nécessaire selon le procédé décrit précédemment.


Le mâtage 
:
a deux fonctions, il protège l’or et modifie son éclat. Il se fait avec la colle de peau ou le vernis gomme laque, très dilués. Cette étape non obligatoire permet aussi de patiner les parties restaurées.


La dorure à la mixtion

Plus facile et plus rapide que les autres techniques, la dorure à la mixtion est largement utilisée en décoration mais moins répandue sur les sculptures. Cette technique, qui ne permet pas le brunissage (la feuille d’or serait alors arrachée), aplatit les volumes.

Les étapes de la dorure à la mixtion :

• L’apprêtage au blanc de Meudon

• L’application d’un bouche pores au vernis gomme laque teinté en jaune

• L’application de la mixtion en une seule couche fine et uniforme, qui peut être teintée

• La pose de la feuille d’or, qui happée par la mixtion et encore toute fripée, sera ensuite lissée au pinceau.

 

 

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